Ils sortent !

– Vendredi 24 juin 2016 –

C’est historique ! 51,9 % des électeurs britanniques du référendum d’hier ont choisi la sortie du Royaume-Uni de l’UE et 48,1% ont voté pour son maintien.

La question a vraiment mobilisé les citoyens du Royaume-Uni  : 72,2% d’entre eux sont allés voter, c’est plus que pour les élections législatives de 2015.

En regardant attentivement les résultats, on constate que la Grande-Bretagne est divisée du point de vue géographique : le Pays de Galles et l’Angleterre, sauf Londres, ont voté majoritairement pour la sortie. La ville de Londres, l’Ecosse et l’Irlande du Nord se sont majoritairement exprimés pour le maintien.
Elle est divisée aussi du point de vue générationnel : Les jeunes britanniques qui ont entre 18 et 24 ans voulaient très largement rester dans l’UE, alors que les personnes de plus de 60 ans ont voté pour le Brexit.

Quelles sont les conséquences de ce vote ?

Ce matin, les bourses européennes ainsi que par exemple la bourse japonaise ont chuté. Les milieux économiques qui s’interrogent eux aussi sur les conséquences de ce vote perdent confiance et hésitent à investir.

Le Premier Ministre britannique David Cameron qui, bien qu’il ait organisé le référendum, soutenait le maintien dans l’Union, a annoncé qu’il démissionnerait dans 3 mois.

A l’échelon européen, le retrait d’un Etat-membre de l’UE est prévu et organisé par l’article 50 du traité de Lisbonne (le dernier traité de l’UE, voté en 2009). Le pays doit notifier sa décision de quitter l’UE au Conseil européen, c’est-à-dire aux chefs d’Etat et de gouvernement. Les modalités du « divorce » doivent être conclues dans un accord approuvé par la majorité du Conseil européen et voté par le Parlement européen. Un délai de deux ans est prévu pour cela.
Donc, pour le moment, la Grande-Bretagne reste dans l’UE. Les eurodéputés britanniques continueront à siéger au Parlement européen, le Commissaire européen britannique reste en place et les 1 500 fonctionnaires européens de nationalité britannique ne rentreront pas immédiatement.

En ce qui concerne les règlements européens, c’est-à-dire les lois votées au Parlement européen et qui s’appliquent directement aux Etats-membres, ils vont être automatiquement annulés dans deux ans pour la Grande-Bretagne. Pour éviter des vides juridiques, le pays a donc deux années pour écrire de nouvelles lois nationales dans ces domaines.

Londres et Bruxelles doivent aussi déterminer quelles seront les relations futures entre la Grande-Bretagne et l’Union.
Ce travail commencera le 28 et le 29 juin, pendant le Conseil européen qui réunira les chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles. Le Parlement européen va aussi se réunir le 28 juin pour définir les prochaines étapes.
Reste à observer les réactions des autres pays de l’UE, les équilibres et déséquilibres à court et long termes que cela va générer, la façon dont l’UE va gérer ce départ et ce que ce vote signifiera dans 2 ans, dans 5 ans, dans 10 ans…

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