Et maintenant, il va se passer quoi entre l’UE et le Royaume-Uni ?

– Mardi 28 juin 2016 –

La situation est inédite. Le Royaume-Uni, qui compte 15 % de la population totale de l’UE, quitterait l’Union européenne.

Comment cela va-t-il se passer ? En réalité, personne ne sait exactement !

En théorie, c’est assez clair. La sortie d’un pays de l’UE est un droit prévu par l’article 50 du Traité de Lisbonne. Selon cet article, le Royaume-Uni doit notifier officiellement sa décision de quitter l’Union au Conseil européen, c’est-à-dire la réunion de chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Le Conseil européen doit ensuite négocier avec le pays les conditions du retrait, et s’accorder avec le Parlement européen, qui doit approuver le résultat des négociations. Il faut aussi définir quelles seront les relations entre l’ex Etat-membre et l’UE. Le processus doit durer normalement deux ans, mais ce délai peut être écourté ou allongé. La Grande-Bretagne sortira-t-elle du marché unique ?  Aura-t-elle un statut proche de celui de la Norvège, qui a accès au marché unique contre une contribution annuelle au budget de l’UE ?

Dans la pratique, c’est un peu plus compliqué. le Premier ministre britannique David Cameron va démissionner et veut que ce soit son successeur, un pro-Brexit, qui notifie officiellement le départ de l’UE et s’occupe des négociations. Or, pour des questions internes au parti de David Cameron, le choix d’un nouveau Premier ministre britannique ne se fera probablement qu’en octobre prochain ! Le Conseil européen refuse pour le moment d’engager des négociations avant que Londres n’annonce officiellement sa volonté de partir.

Du point de vue de l’UE, les négociations doivent commencer rapidement pour sortir du flou. Du côté des partisans du Brexit au Royaume-Uni, c’est différent. Ils n’avaient visiblement pas anticipé leur victoire et n’ont pas de plan précis pour la sortie du pays de l’UE. Ils veulent attendre et ne rien précipiter. Ils se désengagent d’ailleurs de certaines de leurs promesses faites avant le scrutin.

Le Royaume-Uni et l’Union européenne sont dans une période de flottement. Le Commissaire européen britannique, Jonathan Hill, a décidé de démissionner car il soutenait le maintien de son pays dans l’UE. Comme le Royaume-Uni n’a pas encore quitté l’UE,  il faut trouver un nouveau Commissaire britannique. Mais quelle légitimité aurait un Commissaire d’un pays sur le point de s’en aller ?

La valeur de la livre sterling, la monnaie britannique, et celle de l’euro ont chuté. C’est la conséquence de l’incertitude : les investisseurs préfèrent investir là où il y a une stabilité économique et politique.

Pourtant, la sortie du Royaume-Uni de l’UE ne signifie pas la fin de l’Union européenne. L’Italie, la France et l’Allemagne ont déclaré qu’elles allaient bientôt faire des propositions pour relancer la construction européenne. Ces projets pourraient concerner les questions de défense, la croissance et l’emploi. Le choc du Brexit déclenchera-t-il quelque chose de nouveau ?

Actualité suivante
La Slovaquie à la présidence !

Actualité précédente
Ils sortent !


Voir les autres actus de l’UE