La Jungle

– Vendredi 26 février 2016 –

On entend parler de la jungle de Calais. Mais, qu’est-ce que c’est ?

Calais, c’est une ville française du nord de la France, près de la Belgique. C’est un port sur la Manche, et c’est aussi la ville d’Europe la plus proche de l’Angleterre. C’est là que se trouve l’entrée du tunnel sous la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni.

Depuis des années, les migrants (afghans, syriens, du Darfour…) qui veulent aller au Royaume-Uni vont à Calais. De là, ils essayent d’atteindre l’autre rive de la Manche. En général, ils veulent aller en Grande-Bretagne soit parce qu’ils y ont de la famille, soit parce qu’ils sont anglophones et qu’ils pensent pouvoir y trouver facilement du travail.

Les migrants qui sont en situation irrégulière n’ont pas le droit de passer au Royaume-Uni. Comme le pays ne fait pas partie de l’espace Schengen, la police anglaise contrôle les ferrys qui traversent la Manche et les trains qui passent par le Tunnel sous la Manche. En attendant de trouver un moyen de passer, les migrants sont à Calais.

Et  « la jungle » c’est quoi ?

Les migrants sont donc installés sur des terrains vagues. Ils vivent dans de petites cabanes, construites de bric et de broc ou parfois plus solides avec l’aide des associations. En tout, il y a 6 000 migrants dans toute la région de Calais. Le plus grand campement est habité par 1 500 personnes selon les chiffres des autorités mais les associations disent qu’ils sont bien plus nombreux que ça. Ce campement, les migrants afghans l’ont appelé « jangal », qui veut dire jungle, mais aussi simplement « forêt » en persan ! Maintenant, tout le monde a repris cette expression.

Des actions sont menées par l’Etat et les associations d’aide aux migrants pour y améliorer la situation : des sanitaires ont été installés, des repas sont distribués. Et puis la vie s’organise, car ces migrants ont des métiers : des  magasins informels sont ouverts,  des coiffeurs s’installent sous les tentes, des cafés, des lieux de culte…

Mais le gouvernement veut évacuer cette jungle, car les conditions sanitaires sont trop mauvaises et la situation est trop dangereuse. Les épidémies risquent de se développer, et s’il y avait un incendie, il serait ravageur du fait des conditions difficiles d’intervention sur le campement.

Le gouvernement français veut installer les migrants dans différents centres d’accueil, pour traiter leurs demandes d’asile. Certains choisiront d’aller dans un centre d’accueil à Calais, construit avec des conteneurs. D’autres choisiront un des 102 centres d’accueil et d’orientation existant en France, à Rennes, Lyon…

Mais les associations d’aide aux migrants ne sont pas d’accord et pensent qu’une évacuation ne servirait à rien : les migrants refuseraient d’aller dans un centre et s’installeraient juste un peu plus loin.

La Belgique, toute proche de Calais, a déjà réagi. Elle craint une arrivée de ces migrants en Belgique à l’évacuation de la jungle. Elle a donc rétabli, elle aussi, des contrôles aléatoires aux frontières avec la France, pour que n’apparaisse pas sur la côte belge une « nouvelle jungle ».

La Justice s’est prononcée et a autorisé hier l’Etat à évacuer une partie de la jungle. Ce sont d’abord les lieux de vie qui seront évacués puis petit à petit les migrants eux-mêmes.

 

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