On entend partout en Europe que la crise migratoire menace Schengen…

– Mardi 9 février 2016 –

Des centaines de milliers de migrants arrivent en Europe, le plus souvent par la mer Méditerranée. Ils viennent de pays en guerre civile, comme la Syrie et l’Irak, mais aussi d’Afrique ou encore d’Afghanistan.

Ces migrants arrivent de façon irrégulière dans l’espace Schengen, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de visa ou de document les autorisant à s’y installer.

Dans les années 90, les migrants avaient tendance à faire leur demande d’asile auprès des pays les plus riches. C’est l’Allemagne et le Royaume-uni qui recevaient alors le plus de demandes. Mais depuis, un accord signé entre les Etats de l’Union prévoit qu’un immigrant fasse sa demande d’asile dans le premier pays de l’Union dans lequel il arrive. C’est donc le plus souvent la Grèce ou l’Italie.

Une fois arrivés, ils déposent une demande d’asile: pour pouvoir avoir le droit de rester en Europe ils doivent expliquer à quel point leur situation dans leur pays est dangereuse.

Pour faire face à cette « crise migratoire », les Etats européens se sont mis d’accord sur deux mesures qui doivent prochainement être mises en place :

— Créer des « hot spots » dans les pays d’accueil, la Grèce et l’Italie (et la Hongrie qui refuse pour le moment). Ce sont des centres d’enregistrement des migrants. La police nationale de chaque pays d’accueil travaille avec les agences de coopération européenne telles que  Europol (pour la police),  Frontex (pour les frontières extérieur), Eurojust (pour la justice)… pour vérifier que les migrants sont bien des demandeurs d’asile, qui ont le droit à une protection. Si ce sont des « migrants économiques » par exemple, ils seront renvoyés chez eux.

— Se répartir équitablement les arrivants sur l’ensemble du territoire européen. La France et l’Allemagne devront accueillir le plus de réfugiés, puisque ce sont les pays les plus peuplés de l’UE. Ce plan de répartition n’est pas accepté de la même façon par tous les pays de l’UE car certains pays refusent d’accueillir de nouvelles population. C’est le cas de la Hongrie, la Pologne ou de la Roumanie par exemple.

 

Pour le moment la Grèce et l’Italie n’ont pas les moyens d’organiser le contrôle de la situation. Alors, de nombreux migrants quittent ces pays pour tenter leur chance dans les pays les plus au nord, surtout l’Allemagne et les pays scandinaves. Ils traversent donc plusieurs pays d’Europe, du sud vers le nord qui craignant de ne pas gérer la situation ont décidé de limiter les entrées et se mettent tour à tour à contrôler à nouveau leurs frontières nationales.

La Suède contrôle les entrées venant du Danemark. En réaction, le Danemark contrôle le passage à la frontière allemande. L’Allemagne, la République tchèque et la Slovaquie annoncent qu’ils vont contrôler leurs frontières avec l’Autriche. L’Autriche exige plus de contrôle à sa frontière italienne et construit un mur à sa frontière slovène, etc.

 

Selon les accords de Schengen, les pays membres de l’espace Schengen ont le droit de rétablir des contrôles pendant 8 mois.

Dans ce cadre, certains voudraient par exemple exclure momentanément la Grèce de l’espace Schengen, en contrôlant systématiquement toutes les personnes venant de ce pays. Cela poserait évidemment un gros problème par exemple pour le tourisme, qui est le principal atout économique du pays…

Après ces 8 mois, il y a deux solutions : soit le fonctionnement de l’espace Schengen est abandonné, soit une dernière procédure exceptionnelle est activée : les pays pourraient encore prolonger les contrôles aux frontières, pour 2 années supplémentaires. Mais la procédure est très lourde, et les Etats hésitent encore.

 

 

 

 

 

 

 

(France : on prévoit d’accueillir 24 000 réfugiés demandeurs d’asile c’est beaucoup moins que l’Allemagne (800 000)

 

En 2015, 1 million de migrants sont arrivés en Europe

 

Depuis janvier, 37 000 personnes dont déjà arrivées et 200 personnes sont mortes noyées ! C’est l’hiver, davantage de personnes devraient arriver au printemps)

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