Petit recap depuis la rentree

– Jeudi 12 octobre

Alors vraiment, ça fuse ! Les négociations avec la Grande-Bretagne reprennent, la Catalogne vote, pendant ce temps le programme de relocalisation des demandeurs d’asile entrés par la Grèce et l’Italie est ajusté, Jean-Claude Juncker annonce ses pistes de travail jusqu’en 2019, on fête les trente ans du programme Erasmus et on nous parle ici en France de nouveaux formats et de nouvelles dynamiques de travail entre les 27 pays, de consultations des citoyens, de listes transnationales aux élections 2019…

Le principal à retenir :

Sur le Brexit
Pour commencer à organiser la sortie officielle de la Grande-Bretagne (cette sortie est prévue en mars 2019), l’Union européenne attend toujours que le gouvernement à Londres lui donne des garanties sur la façon dont il va gérer le statut des citoyens européens vivant en Grande-Bretagne, gérer la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande qui va devenir une frontière extérieure de l’Union européenne et gérer sa sortie du budget européen. À suivre prochainement, le gouvernement britannique se prononce actuellement sur ces questions.

Parallèlement, mi-septembre, la Chambre des communes britannique a abrogé le Repeal Bill, ce texte qui avait été adopté en 1972 en Grande-Bretagne pour que les lois européennes puissent être intégrées au droit britannique alors que le pays entrait dans l’UE. En échange, pour ne pas se retrouver sans lois dans certains domaines, les députés on voté un texte qui convertit automatiquement les lois européennes en lois nationales.

Sur la Catalogne
L’angle européen de cette actualité amène plusieurs observations :
— dans l’hypothèse où la Catalogne deviendrait un jour indépendante, serait-elle candidate à l’Union européenne ? Si c’était le cas, pour être acceptée en tant que nouveau membre de l’UE, il faudrait — comme le prévoient les traités — que chacun des états déjà membres, y compris l’Espagne contre qui elle se bat aujourd’hui, accepte son entrée…
— l’actualité catalane est bien sûr suivie de près par l’Écosse qui, embarquée contre son gré dans le Brexit, se voit sortir de fait de l’UE alors qu’elle étudie justement la possibilité de quitter le Royaume-Uni et d’être à nouveau membre de l’UE en tant qu’état indépendant. Mais là encore il faudrait que l’ensemble des états membres de l’UE accepte l’Écosse. Pas de crainte que Londres refuse, la Grande-Bretagne ne sera plus dans l’UE. Mais il est probable alors que l’Espagne refuse pour ne pas créer de précédent et ne pas donner aux Calalans la possibilité de suivre l’exemple écossais…

En France
Vous avez suivi la campagne électorale française et l’entre-deux-tours des élections au printemps dernier. C’était la première fois que l’Europe et la participation de la France dans l’Union européenne étaient à ce point au coeur du débat entre les candidats. Pas étonnant alors au vu des résultats que l’Europe soit si présente dans les actus de la rentrée.
Le président de la République voudrait consulter les Français sur ce qu’ils savent et attendent de l’Europe pour les impliquer dans le débat d’ici aux prochaines élections européennes, celle de 2019. Et il invite les autres pays européens à faire de même pour réveiller le débat européen chez tous les citoyens de l’Union.
Il voudrait d’ailleurs que, pour ces élections, les Français puissent voter pour des listes non pas françaises, mais européennes. À vrai dire, chaque pays organise ces élections européennes comme il l’entend sur son territoire. Mais dans le cas de listes transnationales, les eurodéputés d’un même parti ou groupe politique feront campagne ensemble, ce qui fera aussi bouger l’idée que les gens ont de leur vote européen.
Enfin, le président français propose que les 27 pays de l’UE ne s’attendent plus les uns les autres sur l’ensemble des décisions européennes. Il propose plutôt que les pays qui sont les plus déterminés sur un sujet fassent avancer les choses dans ce domaine pendant que d’autres avanceront sur d’autres sujets.

Sur le discours de Jean-Claude Juncker
Après la décision britannique de quitter l’UE et alors que la campagne électorale française mettait cette même Union sur la sellette, le Président de la Commission européenne avait lancé au printemps dernier plusieurs pistes de remobilisation des Etats européens.
Le mois dernier, surfant finalement sur l’idée que « le vent tourne » et que l’UE va économiquement mieux, Jean-Claude Juncker a recentré son discours de rentrée sur la piste de la plus forte intégration européenne.
Pour lui cette plus forte intégration devra passer notamment par une  stratégie industrielle à la pointe, par le renforcement de la zone euro et le pari que tous les pays européens auront bientôt intégré la monnaie unique. Elle passera aussi  par le renforcement de l’union bancaire et une révision de la fiscalité concernant notamment le numérique. Elle passera par les accords commerciaux internationaux, comme la toute nouvelle application du CETA avec le Canada ou les nouveaux accords qui seront négociés avec d’autres parties du monde. Le président Juncker propose clairement de créer un poste de Ministre européen de l’Economie et des finances.
Cette intégration devra également passer par la lutte contre le dumping social, la réforme de la directive sur les travailleurs détachés et la création d’un socle européen de droits sociaux.
En termes de représentation des citoyens européens, le président de la Commission appelle à plus de transparence, à l’extension de l’initiative citoyenne et à une réforme du financement des partis et des fondations politiques. Pour ce qui concerne les institutions, il propose de fusionner les présidences du Conseil européen et de la Commission européenne et suggère l’ajustement des règles de vote au sein du Conseil de l’Union européenne.
Enfin Le président de la Commission propose la création d’une cellule européenne de renseignement et d’une Union européenne de la défense.
Dans ce discours, le président de la Commission aura balayé un large éventail de sujets, sans oublier le climat et le rôle de l’UE en la matière.

A propos du programme concernant les migrants demandeurs d’asile
La règle établie entre les pays de l’Union européenne pour l’accueil des demandeurs d’asile sur le territoire européen est la suivante : c’est au pays par lequel le demandeur entre dans l’UE de gérer la demande d’asile de cette personne.
Mais du fait notamment de la guerre en Syrie, les demandeurs d’asile ont été très nombreux en 2015 et 2016 à vouloir entrer dans l’Union européenne par la Grèce et l’Italie. La Commission européenne a alors demandé à tous les états membres d’être solidaires et d’accepter un programme de répartition de 160 000 demandeurs d’asile entrés dans l’UE par ces deux pays. Par exemple, à ce moment-là, l’Union européenne a demandé à la France d’accueillir environ 20 000 demandeurs d’asile. La France a accepté, mais, dans les faits, elle n’a traité qu’environ 5 000 demandes. La Pologne, la Hongrie et la Slovaquie ont de leur côté refusé les quotas de demandes que la Commission leur demandait de gérer.
Finalement, ni les gouvernements grec et italien, ni les demandeurs d’asile qui devaient être accueillis n’ont pu compter pleinement sur cette solidarité. Ces derniers ont alors pour la plupart poursuivi leur migration sans l’aide des états.
Ce mois-ci, ce sont deux actus qui nous intéressent sur le sujet :
— d’une part, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné les pays ayant refusé les quotas établis il y a deux ans par la Commission dans sa politique de solidarité ;
— d’autre part la Commission vient de lancer un nouveau plan pour aider 50 000 demandeurs d’asile entrés dans l’UE par la Grèce et l’Italie.

Last but not least, Erasmus+
En 1987 — il y a trente ans donc —, 3 200 étudiants ont pu partir étudier dans un autre pays de l’Union européenne grâce au lancement du programme Erasmus.
En 2014, 5 millions d’Européens en avaient bénéficié et, pour renforcer ça, la Commission européenne a lancé Erasmus+, un nouveau programme plus costaud, avec un budget plus élevé — 16,5 milliards d’euros — et l’ambition d’en faire profiter encore plus de gens — au total 2 millions de bénéficiaires en 2020.
Champagne !

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