Quelles priorites pour le budget ?

– Vendredi 21 décembre 2018

La Commission européenne propose chaque année le budget de l’Union pour l’année suivante. Le projet doit ensuite être corrigé et validé par le Parlement européen et le Conseil de l’Union.

Après avoir pris beaucoup de retard faute de terrain d’entente, les négociations ont finalement abouti et les eurodéputés et membres du Conseil ont validé le budget 2019 mi-décembre, lors de la dernière séance de vote de l’année. C’est le dernier budget voté par ces députés avant les élections, et les débats ont été houleux. Pourtant, la marge de manœuvre était limitée. En effet, le budget annuel européen doit s’inscrire dans le cadre financier 2014-2020, une sorte de super budget adopté pour sept ans.

En fait, si les négociations ont été si difficiles, c’est bien que ce budget 2019 pose déjà les questions qui sont au cœur des négociations sur le prochain cadre financier 2021-2027 en débat depuis déjà deux ans : en résumé, quelle répartition des ressources de l’UE ?

La Politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion, qui lutte contre les disparités régionales et sociales, engendrent les plus grosses dépenses. Or leur part pourrait bien diminuer à partir de 2021 au profit des politiques de gestion des frontières, ou de soutien à la recherche et à l’innovation par exemple. La tendance de basculement vers ces politiques est déjà esquissée dans le budget 2019. On évoque aussi un doublement du budget alloué au programme Erasmus à partir de 2021. De tels changement ne sont pas du goût de tous et certains pays grincent des dents… La France ne souhaite pas voir diminuer l’argent de la Pac, largement redistribué aux agriculteurs français, alors que l’Europe de l’Est reste attachée aux fonds provenant de la politique de cohésion dont elle est la principale destination.

Avec le Brexit, est-ce qu’on perd des ressources ?
Si, à partir de 2021, l’UE s’apprête à renoncer aux 12 à 14 milliards d’euros annuels en provenance du Royaume-Uni, la Commission européenne ne souhaite pas pour autant voir le budget diminuer et propose pour 2021 de nouvelles sources de financement, comme une taxe sur les émissions de CO2, sur les plastiques non recyclés ou une définition commune de la taxe sur l’impôt des entreprises par exemple.  Celles-ci s’ajouteraient aux principales ressources actuelles, qui proviennent d’une quote-part du revenu national brut des États membres, calculée selon leur richesse, et des droits de douanes et de la « TVA » européenne.

Et pour moi, jeune Français, qu’est-ce qui changera ?
La France restera en 2019 le deuxième contributeur au budget européen, derrière l’Allemagne. Notre pays a versé 22 milliards d’euros à l’Union en 2018 mais est aussi le premier bénéficiaire, en euros, de ses politiques de redistribution. Nous recevons notamment beaucoup de subventions dans le cadre de la politique agricole commune : environ 9 milliards d’euros par an.
Et puis davantage de jeunes devraient pouvoir partir en Erasmus : des étudiants mais aussi des apprentis, des jeunes travailleurs, des lycéens… On estime que 4 millions d’Européens bénéficieront d’une mobilité d’ici à 2020 ! Pour cette nouvelle année, l’initiative pour l’emploi des jeunes se dote de 350 millions d’euros supplémentaires. Une somme qui permettra d’aider les jeunes sans emploi dans les zones de fort chômage.

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